Full text: Ça ira (3 = 1920, juin)

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ÇA IRA ! 
pouvoir des mains des communistes et qui 
exploite les quelques hommes libres — plus ou 
moins — et les classes inférieures : les “Pariah” 
vêtus de “ sarraus immatriculés ” et les 
“ Taupes ” ou “ Visages blêmes ” voués aux 
besognes souterraines ou meurtrières. 
Jim Stappleton, dans un moment de légitime 
défense a fait preuve d’une force peu commune 
en abattant le fameux boxeur “ Le Gorille ” 
de la race des “ Polycrafes ” nègres extra 
ordinairement forts. C’est son malheur et 
l’aventure initiale qui décidera de sa vie. Il ne 
sait pas défendre son indépendance d’artisan 
contre l’opportunisme des “ trusters ” et 
accepte de s’entrainer au noble sport de la 
boxe. Car les maîtres du monde établissent 
la solidité de leur règne sur le pain et les jeux, 
dont ils règlent à leur gré l’abondance ou la 
rareté. 
On l’entraine, on le fait combattre, on 
l’abreuve du vin enivrant de la gloire sportive 
et populaire. Il n’y peut résister et cause la 
mort de sa femme par le sacrifice qu’il a fait 
de leur amour au dieu de la renommée. 
Lui-même succombe dans un dernier combat 
où il devait triompher du “ Mammouth ” 
champion du monde et obtenir la “ ceinture 
de diamants ”, que celui-ci détenait et où il ne 
put donner toute la mesure de ses moyens : 
il venait d’apprendre la mort de sa femme. 
Le livre se clôt sur la fin des “ trusters ” qui 
doivent capituler devant les exigences de la 
multitude qui s’est emparée des hauteurs de 
Richmond, leur repaire d’où ils se sont enfuis. 
C’est la victoire du boxeur dont la gloire a en 
traîné les foules que ne put émouvoir ** Ben 
Hull ” l’agitateur. 
Sans aucune ironie, sans la moindre amer 
tume et sans inutile verbiage l’auteur nous a 
transporté vers les temps qui viendront 
sûrement si nous n’y mettons ordre. 
Peut-être même n'a-t-il fait que nous dépeindre 
sous le voile de l’avenir l’époque présente. 
Sans doute les puissants d’aujourd’hui n’éta 
lent-ils pas encore aussi insolemment leur 
pouvoir. Mais encore de combien peu s’en 
faut-il ? Mais en dehors de cela petites sont 
les différences. 
Tout le livre force à comparer. Et ce n’est 
pas son moindre mérite. M.V.E. 
* 
* * 
La victoire mécanicienne, par Pierre Hamp 
(Paris, Editions de la Nouvelle Revue Fran 
çaise). 
Un nouveau livre de Pierre Hamp. Est-ce 
de la littérature, du journalisme, de la stati 
stique ? C’est un peu de tout cela, et la valeur 
littéraire de l’œuvre s’en trouve diminuée. 
Nous dirons tout de suite que le livre ne 
répond guère à notre attente et depuis “ Le 
Rail ” nous ne pouvons pas enregister de 
progrès marqué. Au contraire, on retrouve 
dans “ La Victoire mécanicienne ”, multipliés, 
les défauts que “ Le Rail ” contenait en germe : 
cet éternel souci d’exactitude mathématique, 
cette habitude fastidieuse de nous vouloir 
bourrer de chiffres et de données techniques. 
Nous ne croyons pas exagérer beaucoup en 
affirmant que le nouvel ouvrage de Pierre 
Hamp n’est en somme qu’un recueil de bons 
articles de journal, parmi lesquels il en est, tel 
le premier, qui contiennent des aperçus justes, 
et où l’auteur fait preuve d’une assez grande 
clairvoyance. Mais, il faut le répéter : la 
plupart des détails quî les encombrent pas 
sionnent peut-être l’homme politique ou le 
statisticien, mais laissent indifférent le lecteur 
non spécialiste en la matière. L’article intitulé 
“ l’Esprit mécanicien dans l’industrie textile ” 
est particulièrement fastidieux, bien qu’évo 
quant fort clairement la situation industrielle 
actuelle. 
Et puis, par quelle obstination l’auteur 
veut-il toujours glorifier les travailleurs des
	        
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