Full text: Intervention surréaliste (1)

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LES PORTES QUI MORDENT 
(fragments) 
par 
TRISTAN TZARA 
j’ai laissé le corps qui sous le vent se dévêt à l’intérieur des douves déjà 
mal ajusté bien pauvre 
crépitement 
d 
e cerise 
se lézarder le long des soupentes et des agricultures crayeuses de glace 
d’ardoise de raideur 
mal 
servile et proverbiale 
des ruches montagnardes où les fruits vont vibrer à la soif de pouvoir 
j’ai voulu endormir les questions insidieuses 
sans poids telles les tombes 
à chaque dire avançant les pointes branchues froidement poissonneuses 
et glissantes les venins et leurs trajectoires 
soupçonnées à peine dégrossies et pourtant hagardes craintes les ten 
tacules 
pourtant dangereuses de tant de sangliers de tant de projets que la 
glace se cassait et fondait sous les rapides remous des bêtes laineu 
ses les trains et les forêts lourdes chargées de cargaisons fluviales 
j’ai senti le sommeil ordonné rayonnant en pleine glissade matinale 
un beau linge rangé sur le sommet de framboise ou les bouts de seins 
des femmes aimées par les neiges 
amoncelées au long cahotant d’une mémoire en cours 
j’ai allumé le feu immobile du désert et si je me sentais vivre ce n’est 
qu’en lettres ravies aux sources des ramures de cerfs 
aucun souvenir aux cheveux hérissés de mica n’est venu incruster 
sa fine fusée 
sur le beau corps d’enfant au rire de mer qui s’est entortillé à tout 
jamais dans ma solitude de fil 
vivants glaçons charriés à oras d’homme l’immémoriale douleur grandie 
sur les préaux de soufre 
les cris aiguisés sur la meule des louves 
les cœurs saccadés sur le brasier d’os de ravins 
les tendresses saccagées les tampons des trains les chocs marins amor 
tis dans la braise 
ce sont des craquelures nouvellement avouées par des tisanes de ciel 
qui s’offrent aux secrets des fumées parmi les miasmes des 
bateaux désarmés à peine enlevés au soleil 
les cadavres se rongent les brandons et en guise d’écume la mer balaie 
de la chapelure de charbon de bois
	        
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