Full text: Intervention surréaliste (1)

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le papier que déchire la muraille 
l’enchanteur oiseau prisonnier 
tu es le sémaphore où je suspends des larmes 
l’ibis au plafond rouge que j’adore 
l’asphodèle que je ruine 
tu es aussi la vivante que je tue 
l’absence que je fais naître 
et qui me fait vivre 
comme un trou dans le mur vide gratté longé de déchets de mousse, d’os, 
de peau, d'ailes, de linge de femme, de regards froissés. 
Maurice HENRY. 
P 
E 
Châtaignes aux cils du courant 
Vous êtes le lieu des rendez-vous 
De beaux rochers insubmersibles 
Dénouent l’échelle de soie 
D’une nuit qui mène vers les traces de sang 
t 
Le sablier du visage que j’aime 
A ce bras finit un monde 
Où le soleil des routes appelle vers l’autre rive 
Les bagnards sans souci 
Des regards où le tonnerre se refuse à revenir 
Des bouteilles pleines de temps perdu 
Le paysage des dernières lumières 
D’une gorge sur pilotis 
Les chevelures anciennes 
Collent aux branches le fond des mers vides 
Où ton corps n’est qu’un souvenir 
Où le printemps se fait les ongles 
L’hélice de ton sourire jeté au loin 
Sur les maisons dont nous ne voulons pas 
Et les talus de chair emprisonnent 
Le hasard servile des arçons de miel 
Au matin mangé de sueur 
Je n’ai perdu que mes pieds inutiles au voyage 
Dans les gares du vent 
La coque gantée d’un navire sans voiles 
Et je parle avec ta voix 
A l’heure où s’obstruent tous les chemins de sable 
A l’heure qu’indiquent les phares brûlés du sycomore 
Dans la blessure humide d’un oiseau sans ailes 
Plonge l’été briseur d’épaves. 
Etienne LERO.
	        
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