Full text: Littérature (2 (1920), 16)

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Elle vous tend la main. Suppliante et muette, 
Sous les rayons blafards qu’au loin le gaz projette, 
Elle glisse rapide, et, dans les coins obscurs, 
Au détour des maisons ou le long des vieux murs 
S’approche, d’un regard vous disant sa misère... 
Létoile. — Combien voulez-vous ? 
La I e dame. — Mon Dieu, Monsieur, ce que vous dictera 
votre cœur. 
Létoile ouvre un tiroir et leur tend un billet sans un mot. 
Les deux dames se confondent en remerciements, rangent 
l’argent et font mine de se retirer. 
Létoile. — Un instant. (Il sonne). 
Entre le garçon de bureau. 
Allez me chercher immédiatement deux agents. 
(Aux deux dames). Vous vous expliquerez au poste. 
Les deux dames (interloquées). — Mais, Monsieur, pour qui 
nous prenez-vous ? 
Létoile. —- Oui ou non, êtes-vous des voleuses ? 
La I e dame , tirant une carte de son sac. — Nous sommes 
autorisées par la Préfecture-de Police. 
Létoile, qui a examiné la carte avec soin. — En ce cas, 
vous allez me rendre ces cinq cents francs. 
Les dames tremblantes s’exécutent. Létoile froisse le billet 
en les regardant et le jette au feu. 
Les dames, décontenancées, se sont assises. 
Silence. 
Létoile déplie un journal. 
Les dames se retirent l'une derrière l'autre. La première 
laisse tomber le carnet que la seconde ramasse. 
SCÈNE Vil 
On introduit une dame portant une voilette. 
La dame. — Monsieur, je désirerais vous parler personnel 
lement. 
Létoile. — Bien, Madame. (Se tournant vers la dactylo) 
Mademoiselle, vous sténographierez notre conversation. (Pé 
remptoire) Je vous écoute, Madame. 
La dame (elle tient un mouchoir à la main.) — Voici à peine 
un an que je suis marié et je comprends que très loyalement 
mon mari aime une autre femme. Il ne le sait pas encore lui-
	        

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