Full text: Littérature (2 (1920), 16)

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On soupçonne deux jeunes femmes voyageant sous les noms 
d’emprunt de Marcelle de Sivry, d’une part, et Blanche Valfort, 
dite La Mariole, d’autre part, être les auteurs du délit. A la ligne. 
L’audace méritant plus que jamais d’être encouragée, on 
tient à leur assurer une carrière brillante. Toute personne qui 
aidera à retrouver leurs traces pourra faire valoir ses droits 
à la récompense promise en s’adressant à M. Létoile, 47, rue 
du Sentier. Point. 
{Il sonne). 
SCÈNE IX 
Le garçon entre et pose sur le bureau un vase avec des fleurs. 
Létoile en place une à sa boutonnière. On introduit un jeune 
homme, moustache blonde frisée, souriant. 
Létoile, après lui avoir serré la main. — J’ai peut-être ce 
qu’il vous faut. Enchanté de vous être utile à quelque chose. 
Vous m’êtes vraiment sympathique. 
Le jeune homme. —• Ses yeux, de quelle couleur ? 
{Il reste debout, LÉTOILE s'appuie légèrement au bureau). 
Létoile. — Ah ! l’on dit que notre société se perd, mais des 
organismes comme le vôtre me répondent de sa santé. En vous 
comme en la femme que je vous destine, je distingue les 
éléments d’une force qui trouvera à s’exercer intégralement 
dans le mariage. Jeune homme, vous témoignez d’une grande 
sagesse : la vie est une route qui en lacets se déroule, les 
panoramas y sont variés et le voyageur aime à communiquer 
ses impressions. Si le chemin est monotone, à deux il est moins 
long. Si plusieurs sentiers se présentent, on prend conseil l’un 
de l’autre et si quelque difficulté surgit, on s’encourage et l’on 
franchit mieux l’obstacle. En chantant, les deux compagnons 
gravissent le premier versant de la colline ; lorsqu’arrive la 
vieillesse, appuyés au bras l’un de l’autre, ils descendent à 
petits pas la pente opposée, devisant des souvenirs d’autrefois 
et leur visage s’éclaire d’un sourire éternel. 
Le jeune homme. —■ Est-elle musicienne ? 
Letoile. — Sous peu de jours ce sera la rencontre dans un 
endroit public, thé, jardin, théâtre. La présentation par Létoile. 
Sourires... compliments... quelle heureuse coïncidence ! On a si 
souvent entendu parler l’un de l’autre ! C’est charmant. 
Le jeune homme , attendri. — Monsieur Létoile, comment 
vous remercier ?
	        

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