Full text: Littérature (2 (1920), 16)

T, 
n 
POÈMES 
5f. 
L'AMI DE L'HOMME OU PARASITE 
4 
I 
En arrivant il entra les pieds joints, le front 
«un peu trop haut — l’œil prenant la mesure 
des lignes du lambris — mais il n’enleva pas 
sa coiffure. 
La marmite n était pas posée au coin du feu, mais 
sur un grand fauteuil délabré, près de la table. Pour 
tant, cêtait bien cette odeur... Pourtant l’eau bouillait 
tellement que quelques gouttes de sang tombèrent sur 
le tapis brûlant. 
Dans la fumée, la marmite et le vieillard qui écrivait 
se confondirent. Et les pages des livres que ce grand, 
inventeur recopiait furent tachées. Et même toutes les 
taches tombèrent sur les signatures — ce qui permit 
au vieillard — ses ongles retournés, son nez crochu, sa 
dent mauvaise — de les remplacer par la sienne et, 
et... ce sont les noms de nos meilleurs auteurs. Parfois 
en se relisant il lui arrivait de rougir. Pourquoi ? Où 
ai-je déjà vu ces mots, cette famille ? Mais avec le 
temps, on oublie ce qu'il faut oublier, on ne garde que 
ce qu’il faut garder. 
Le chien remuait en grognant sur le tapis couleur de 
cendre. Il était si maigre, si réduit que déjà en nais 
sant... s’il n’y avait la foi dans les miracles, quelques 
amis, des bienfaiteurs aux plus mauvais tournants...
	        

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