Full text: Mémoires d'un Dada besogneux de l'armistice a 1925

LE CHEVAL d’eLBERFELD 
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Tout à coup mon compagnon, dont la 
vue est perçante, s’écria : 
— Des ruines ! Je distingue des ruines 
à l’horizon ! 
— Mon ami, lui dis-je, débarrasse-toi de 
cette illusion. Elle ne saurait convenir à 
cette exactitude d’esprit dont tu es juste 
ment fier. Nous sommes encore, malgré 
la course vagabonde où tu m’as entraîné, 
dans les environs de Paris. Jamais les 
Allemands ne sont venus jusqu’ici : il ne 
saurait donc s’y trouver aucun de ces dé 
plorables témoins de leurs dévastations. 
— Je te concède, fit-il, que cela est ex 
traordinaire, et même, en quelque manière, 
choquant. Toutefois, je ne saurais me dé 
fendre contre le témoignage de mes sens. 
Je t’assure que j’aperçois des ruines : on 
dirait les décombres d’une assez vaste cité. 
Dirigeons nos pas de ce côté : le mystère 
est assez singulier pour que nous cher 
chions à le pénétrer. 
Mes yeux mêmes enfin le durent admet
	        
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