Full text: Mémoires d'un Dada besogneux de l'armistice a 1925

LE PERMIS DE CONDUIRE 
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peu dur d’oreille ; mais comme quelques 
sourds, par une grâce toute spéciale, il 
est demeuré sensible au chant des oiseaux 
comme s’il l’entendait mieux, dans le si 
lence du reste. C’est ainsi qu’il vivait pai 
sible et en confiance. Il croit qu’il y a 
une autre vie, et qu’elle sera bonne aux 
braves gens. Il croit aussi que rien n’em 
pêche, en attendant cette autre vie, de ren 
dre celle-ci confortable, et de prendre ses 
précautions pour qu’elle le soit toujours 
davantage. Mais justement parce qu’il avait 
une foi entière dans l’honnêteté de l’Etat, 
qui est le meilleur des créanciers et fait 
toujours honneur à ses engagements, il ne 
se présenta point au Trésor quand tomba 
l’échéance des premiers termes qu’il devait 
toucher. Son argent était bien là ; peut- 
être qu’il faisait des petits. 
A la fin, cependant, quand il a commencé 
de souffrir de la dureté des temps, il alla 
consulter son notaire. Un mouvement ins 
tinctif l’y portait : le notaire est l’homme
	        

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