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L’ŒUF DUR 
S 
messe, quoi qu’il t’en coûte. Crois ou ne crois pas, mais sois 
bonne catholique. — Je serai bonne catholique, consentit 
Anna. — Oui, mais ne va pas trop loin ; ne donne pas trop 
pour ta paroisse ; ne te mets pas à entretenir les prêtres. Autre 
chose, ma fille : demeure honnête : tu t’en trouveras bien sous 
tous les rapports ; et surtout, aie l’air honnête. Si tu prêtes à la 
médisance, tu seras aussi coupable que si tu tombais. D’ailleurs 
tu en reviendras. On parle beaucoup de l’amour : il n’y a pas de 
quoi. Et je ne comprends pas que des femmes fassent des bêtises 
pour ce motif là ». Anna baissa les yeux. — « Ma fille, poursuivit 
M mc Walter, tu as tout un passé de. vertu derrière toi : celle de tes 
ancêtres et celle de ta mère. Fais comme je t’ai dit, et tu seras, 
comme moi, une honnête femme. » 
M me Walter baisa Anna au front, renifla et sortit. 
— « Honnête femme, cria Anna : Ah ! la la ! — Respectable, 
respectée, et ma mère ! » Elle déchira son mouchoir et se campa 
devant une M me Walter imaginaire : — « Oui, regarde-moi. 
Je suis assez dénaturée pour m’arracher à l’influence bienfaisante 
de la famille. Cette vertu-là, c’est une vertu de... » Elle n’acheva 
pas. Elle avait les larmes aux yeux.
	        

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