Full text: 2e année 1920, juillet/août = No. 15 (2(1920), juillet/août = No. 15)

(Introduction à une morale momentanée) 
La pensée de la destruction bien sentie, bien méditée devrait 
dans un seul jour changer l’univers en monastère ou en 
tombeau. Quand donc rougira-t-on de jouer la vie ? Les farces 
les plus courtes sont les meilleures. Voilà bien longtemps que 
cela dure, l’homme, les oiseaux et le reste. Vous qui dormez 
dans les villes, ces vastes hospices aux cabanons numérotés, 
desquels les cimetières sont les jardins les plus frais, vous ne 
valez pas moins que les campagnards assis sur leurs fumiers, 
idées croupissantes, oignons de sottise ou pourriture d’intelli 
gence. 
L’œuvre de Dieu est belle, elle est chose d’enivrement. 
Qu’importe de mourir un jour puisque nous l’aurons aperçue, 
avec ses ravissantes palmeraies, ses montagnes, ses vallées, la 
mélancolie, les petits bateaux, deux ef deux font quatre, le 
merveilleux équilibre qui prouve l’existence du Créateur, les 
joies de l’enfance, de la jeunesse, de l’âge mûr, de la vieillesse, 
la folie, la sagesse, Paris capitale de la France, les exemples 
touchants de la piété filiale, de l’amour pur, du doux renonce 
ment de soi-même ! Le bonheur du jour est un bonheur sans 
mélange. 
La liberté par le suicide ou par l’évasion, on revient toujours 
à ce point de l’histoire. Mais que sait-on de ces moyens de 
transport ? J’ai lu de belles pages sur ces sujets : édredons 
rouges, verres de vin. Vous ne me ferez pas croire que le 
propriétaire soit assez bête pour avoir laissé la clef sur la porte: 
un coup de revolver, on n’est pas quitte à si bon prix. Où 
prend-on que les condamnés à vie doivent se tuer? Les bagnes 
seraient vides.
	        
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.