Full text: 5(1924), Janv.-Fév. = Nr. 35 (35)

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POEMES 
L’HOMME AUX ÉTOILES 
Une lampe dans chaque main. D’un bout de la chaîne 
aux étoiles. Les fenêtres bleues du matin, le toit verni 
et l’escalier qui descend plus bas que la toile. Car il y 
a la mer entre le mur et l’homme et la nuit dépliée qui 
arrête le bruit. Il y a le bateau blanc qui écarte les 
lames et l’aile du soleil qui partage le vent. 
Mais surtout le front troué par les épines, le cœur 
d’où sort la flamme et les yeux éplorés — le regard 
frappe au ciel et la porte qui s’ouvre laisse entrevoir 
l’espace où remuent les formes mortes sur les chemins 
tracés par un doigt lumineux. Les arbres du jardin fer 
mé sont sur la grille — les pointes du signal à côté de 
la mer — les deux battants ouverts sur l’horizon qui 
grince — le jour lâché s’évade et piétine les ombres 
— les hommes — les étoiles tombées sur le revers. 
UNE TACHE SUR LA NUIT 
Celui qui descend parmi les avalanches, derrière les 
toits blancs et les arbres qui plient — qui se regarde, 
s’arrête et tend son bras jusqu’à la paroi de verre qui 
est peut-être la seule ligne courbe de l’infini. 
Celui-là — le corps et la tête et l’âme dans l’espace 
— tout ce qui dure encore — et traîne sur le soir. Les 
mots qu’on dit au fond — le bruit confus qui monte — 
on entend ceux qui parlent à travers les rayons. La 
fumée à cheval sur l’arête — l’oiseau qui sort la nuit. 
Tout est plus grand dehors — les ombres où d’autres 
formes tombent — les lumières du ciel — la route 
autour du monde — l’homme seul plus petit.
	        

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