Full text: 4(1922), Août-Septembre = Nr. 28 (4(1922), Août-Septembre = Nr. 28)

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G. RIBEMONT-DESSAIGNES 
pation de tout repos. On pourrait même construire une machine à poli 
tique, à came automodifiable, et remplacer ainsi avec avantage le centre 
gouvernemental; sorte de machiavel automatique, cette machine entre 
tiendrait la vie politique d’un pays avec une précision impressionnante, 
pourvoirait à toutes les combinaisons nécessaires à sa santé, et empêche 
rait sa sénilité. Malheureusement si un homme est toujours tenté d’obéir 
à l’ordre donné par un autre homme, il ne se conduit pas encore de 
même vis-à-vis d’une machine. C’est une affaire d’entraînement. 
Cette machine serait basée sur les données suivantes. La vie sociale 
repose non sur l’équilibre des forces en présence, mais sur leur déséqui 
libre. Forces représentées par les différents partis politiques qu’on aurait 
tort de croire factices et qui répondent aux classes. Les classes subsistent 
sous tous les régimes, même le communiste; elles répondent elles-mêmes 
aux diverses sortes de tempéraments physiologiques. 
L’équilibre parfait — s’il pouvait exister — entraînerait la mort de 
la collectivité où il se produirait (ce serait un trop joli bienfait), après 
une longue dégénérescence. Un parti au pouvoir a besoin, pour se bien 
porter, de la vitalité du parti adverse. Les fluctuations de la courbe 
politique dépendent de la hausse ou de la baisse des partis en présence. 
Si bien que tout chef du pouvoir doit, pour bien consolider son siège, 
exciter la virilité de ses adversaires dès qu’elle commence à faiblir. C’est 
ce que ne manquent pas de faire bien des présidents du conseil de la 
république bourgeoise. Il le font cependant avec tiédeur par crainte 
que cette vigueur ennemie ne finisse par les mettre à mal. Il n’est pas 
difficile, avec une machine, d’obvier à ces inconvénients : diverses asso 
ciations de leviers seraient en relation avec des forces centrifuges de 
vitesse différente dépendant de la force des partis comme par les 
machines secondaires dites machines à voter que la bureaucratie du 
recensement suffirait à faire fonctionner. Cette machine centrale suppri 
merait le parlement : d’autant mieux que les leviers, par un mécanisme
	        

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