Full text: 4(1922), Août-Septembre = Nr. 28 (4(1922), Août-Septembre = Nr. 28)

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PASCAL PI A 
LA PEINTURE 
CREIXAMS. 
La grâce et la candeur de ce visage incliné, ces lignes souples 
comme d’une main cependant malhabile, sans doute un primitif les eût 
aimées. Et près du ciel faux de ces yeux, près de cette bouche san 
guine, serrée, il eût reconnu l’image précise qu’avait manquée son 
pinceau. Car c'est aux primitifs qu’il faut qu’on remonte pour trouver 
à Creixams des précurseurs. Chaque toile qu'il peint nous est une 
surprise, un bonheur compliqué d’étonnement. D'autres peintres ont pu 
découvrir par une spéculation audacieuse le secret d’un art depuis 
longtemps perdu; mais Creixams, primaire qu’il est, n’a fait œuvre 
que naïve, que spontanée. Ce n’est ni chez Giotto, ni chez Cranach 
qu’il a compris les jeux du trait et de la lumière. Il est même certain 
qu'il n'a eu vent de la peinture ancienne qu'après l’avoir tout naturel 
lement évoquée. Mais vers le Giotto commençant d’inscrire ses brebis 
sur la pierre, du bout d’un caillou pointu, Cimabue s'est affectueuse 
ment penché. Or Creixams n’a pas connu cette bonne fortune dont 
bénéficiait Giotto: un maître attentif... A Jaen comme à Cordoue l’art 
n'est qu'un souvenir arabe. A Barcelone où la terre est plus pauvre et
	        
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