Full text: 5(1923), Nov.-Déc. = Nr. 34 (34)

TRISTAN TZARA 
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acte puisait au fond de sa propre définition et aveuglait la possibilité 
d’un lendemain. 
Mais un scandale dont je fus cause et qui entraîna des personnes éloi 
gnées touchant au cercle de ma famille, décida celle-ci à consentir à mon 
voyage à l’étranger. 
Lambeaux de muscles, doublures déchirées saupoudrées d’odeurs vieil 
lottes, impuissance et indignité, sang douteux et compromis, ainsi parais 
sent aux yeux du monde les revirements de l’ordre social, quand un de 
ses enfants, après avoir annulé sa vie, cherche, avec des dépenses d’in 
quiétude et de volonté que la famille juge inutiles, une autre conscience 
que celle qui fut mise gratuitement à sa disposition. 
Je passe sous silence un chapitre douloureux d’injures, de terreur, de 
malédiction, de fureur, d’intrigues, d’outrages, d’horreur, de haine. Car 
au dernier moment avant le départ mon père sentit l’infranchissable 
barrière couper le lien de nos deux vies, et devant cette rupture qu’il 
savait définitive, il pleura. J’étais mort pour lui, crispant des mains 
acides dans sa gorge, j’emportais une vie amère qui ne lui appartenait 
plus, pour alimenter un long voyage si amèrement mendié aux bizarres 
calembours du sort. 
L'inconnu aurifère éblouissait déjà l’incandescence d’un rêve écervelé. 
LA VILLE NOMBRIL DE LUXE 
X. — Où je m établis par hasard et restai par faiblesse 
Quel avantage y a-t-il à vivre seul dans une petite ville ? Après dix 
ans de réflexion lente qui m’ont subminé comme un travail sombre de 
microbes, je puis répondre : Aucun. 
La circulation et le bruit des grandes villes sont devenus un complé
	        

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