Full text: 5(1923), Mai-Juin. = Nr. 32 (32)

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UNE ILE AU NOM DE FEMME 
Autrefois j'en aimais une 
Appelée par moi Patrie. 
Elle était rencontre fine 
Au coin des lèvres, des yeux 
D 9 un visage et d'un paysage. 
Une autre plante grasse aux membres dangereux, 
Nourrie et dévorée par les feux du désert. 
Son parfum aride ensorcèle un avenir. 
Mords-tu mon cœur de pierre, d racine 
[nocturne ? 
A la pointe du jour, je réponds a l'aubade 
El je fuis, léchant mes lèvres et la rosée. 
Je peux lever le front car j 9 ai connu le crime 
Et j'ai su arracher a la vie la licence. 
J'ai tué et j'ai volé, grand gâcheur de butin, 
Ce qu*a l'une j'ai pris, une autre l'a reçu. 
Reviendrai-je à la nuit jusques a ce port sombre 
Me glisser dans la peau de celui que je fus 
Parmi les matelots lascifs et les danseuses ? 
4 
Furieux et lourd, je me jetais sur leur poitrine, 
L'oreille au cœur, j'entendais un cri sourd, 
Par un cri souterrain, femme, o trou de misère, 
Sombre puits d'oü fume une odeur qui nous 
[trompe,
	        

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