Full text: 5(1923), Mai-Juin. = Nr. 32 (32)

TRISTAN TZARA 
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Des recherches inquiètes commencèrent : qu’était devenu Cottard? 
Ce ne fut que beaucoup plus tard qu’on le retrouva chez un M. Jacque 
line, au lieu dit « Le Capuchet ». Il saignait abondamment. Lorsque 
gendarmes et paysans firent irruption dans la petite chambre où il repo 
sait, il se dressa, terrible : 
— C’est Germaine qui a tiré... je l’ai vue! oui, je l’ai vue! Arrêtez-la! 
Il s’évanouit. M. Jacqueline raconta que le blessé venait d’arriver, se 
traînant à grand’peine. 
Il ne savait que répéter : 
— C’est elle, c’est elle! 
Dans la bousculade de la consternation, bientôt changée en silence 
plein de reproches, Germaine-Louise avoua tout. 
— Oui, c’est moi. Je ne l’aime pas, je ne l’ai jamais aimé. Il fallait 
en finir. Je croyais qu’il était mort... 
Or, non seulement Cottard ne mourut pas, mais il se rétablit com 
plètement. On l’entendra comme témoin. Il ne parle pas beaucoup. Ni 
haine ni pitié ne l’animent. Il a pris son parti de ce qui est arrivé, il 
attend les événements. Son faible caractère, effacé et médiocre, le fait 
passer au second plan. 
Au juge d’instruction, l’accusée a répété ses aveux, s’accusant avec 
force, mais sans remords. L’affaire paraissait simple et seul le mobile 
profond du crime restait dans le mystère. Mais... 
Un visage sort de l’ombre. 
Soudain, dernièrement, alors que l’instruction allait être close, l’im 
prévu se produisit. Comme on l’interrogeait une dernière fois, Germaine- 
Louise perdit brusquement son assurance, comme si quelque effondre 
ment secret s’était produit dans sa pensée: 
— Voici, monsieur le Président, je vais tout vous dire. Jusqu’à pré
	        

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