Full text: 5(1923), Mars-Avril = Nr. 31 (31)

POÉSIES 
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LE BOUQUET INUTILE, par Jean PeUerin (N. R. F. édit.). 
Si le « bouquet » n'était qu’inutile! Jean Pellerin mort, on couvre sa 
tombe de ses propres fleurs artificielles. Cela est d'autant plus triste 
qu'on croirait à un hommage posthume de ses amis. Noués ensemble 
dans ce livre, on retrouve le pâle liseron avec lequel Monsieur Derème 
chatouille les patronnes d’estaminet, la rose rouge que les pierreuses 
de Francis Carco portent dans leurs cheveux, d'autres fleurs pavoisées 
aux couleurs de J. P. Toulet et de Rostand. 
Je n'insisterais pas si cette poésie ne risquait de faire illusion à cer 
tains. (J’ai moi-même été séduit par la Romance du Retour lorsqu’elle 
parut). Cette façon de décanter l'actualité la plus prosaïque, de fixer 
chaque strophe avec des allusions précises, de friser l’ironie comme 
une moustache, — tout cela aboutit chez Jean Pellerin au mirliton 
sentimental. 
En voici un échantillon : 
Au clavier Chopin se confie 
En un la mineur affligé 
Je metlrai ta photographie 
Près de J offre à son G. Q. G. 
Cézanne arrondit une pomme 
Potin arrondit une somme 
La guenon bâille son ennui. 
Des trains sifflent vers les banlieues 
Une étoile rose, une bleue, 
Un rideau glisse... et c’est la nuit.
	        
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