Full text: 5(1923), Mars-Avril = Nr. 31 (31)

MARCEL R AVAL 
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LA DANSE 
MARION FORDE 
En Marion Forde, le Caéino de Parié vient de faire une connaissance 
bien précieuse. Cette jeune personne a le charme des enfants terribles. 
Avec une désinvolture d'outre-Atlantique, sa danse néglige d'abord de 
se faire “ présenter ", parle à tout le monde, tutoie les chorégraphes 
adultes. Ces jolies impertinences reposent de tant d 'exhibitions qui visant 
à l'Art se donnaient l'air ** grande dame ". 
C'est d'Amérique évidemment que Marion Forde apporte le souci 
puéril de forcer chaque mouvement jusqu’aux limites du possible. Par 
bonheur, elle s'est si bien assimilé les ressources que l'acrobatie pouvait, 
sans péril, mettre au service de la danse, que l’excentricité est devenue 
comme un beau ballon docile entre ses mains. Rappelez-vous cette façon 
de battre la mesure, face au jazz qui l'accompagne, le corps rejeté hori 
zontalement en arrière jusqu'aux genoux et se soulevant, par petits 
soubresauts, selon le rythme de la musique ! C'est là, je crois, un des 
effets les plus plaisants auxquels ait jamais atteint une danse de music- 
hall. Et j’oublie cette manière ravissante de marcher, de bondir à travers 
la scène, de pirouetter, ainsi que certaine mimique des bras, rapide 
comme une cascade de calembours, qui nous a émus comme un télé 
gramme chiffré qui contiendrait le plus beau sonnet du monde. 
J'ai entendu répéter souvent que cette danse n’avait aucun caractère. 
Je dirais plutôt qu'elle a mauvais caractère, ce qui, pour une danse,
	        
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