Full text: 5(1923), Mars-Avril = Nr. 31 (31)

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LA DANSE 
est à mon sens, un éloge. Bien que minutieusement réglée, elle nous 
donne l’illusion du désordre, d'un beau désordre élastique et capricieux 
(au rebours de la danse libre d’Isadora Duncan qui donne l’impression 
d'une leçon apprise). Pourquoi ce geste, ce pas, plutôt qu’un autre ? 
Je ne sais pas; elle, sans doute, non plus. Marion Forde ne vient de 
nulle part et ne démontre rien. 
Il faudrait insister ici sur cette grâce de l'indtincl qui est le privilège 
de la femme américaine. Lorsque Marion Forde gambade, fait le grand 
écart, se coiffe d'un haut de forme, nous pensons à Carol Dempster, 
l’interprète de Griffith et, de là, à ce don miraculeux de recréer la 
vie qui s’épanouit sous les roses électriques de Los Angeles. Le plus 
fichu visage d'Américaine vit, s'émeut, s'illumine devant un objectif ; la 
meilleure artiste française s'exhibe, se crispe, s’exténue toujours. (Faites 
interpréter la danse de Marion Forde par une Française possédant les 
mêmes moyens physiques et chorégraphiques, elle y sera ridicule). 
Nous sommes une race trop réfléchie, trop éduquée, dont la vitesse 
de réactions se ralentit sans cesse. Toujours le beau peigne de nos 
traditions nous tire les cheveux plus loin en arrière. Encore un peu, et 
nous serons tout à fait chauves. 
Marcel R AVAL
	        
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