Full text: 4(1922-1923), Déc.-Janv. = Nr. 30 (30)

380 
MAX JACOB 
veuve en lui faisant, aux frais de l'Etat, une pension et en pourvoyant 
de postes honorables ses enfants et ses petits-enfants. Ses œuvres furent 
rééditées aux frais de l’Etat. Il a sa statue dans sa ville natale et dans 
la salle des Pas Perdus de l’Institut Diplomatique de Longchamp. Ses 
portraits ornent plusieurs musées. L’ancienne place du Petit Salé aux 
Choux à Paris a reçu le nom de place Charles Durand. Sa biographie, 
telle qu’elle a été rédigée par son ancien secrétaire, aujourd’hui sénateur 
et directeur de la Direction Générale, figure dans les manuels destinés 
aux élèves des écoles entre celle de Pierre Corneille et celle de Voltaire. 
Il est assez difficile de se faire une idée de ce que fut le système phi 
losophique de Durand. Certains, se basant sur les maximes citées ici, ont 
voulu faire de lui un psychiatre scientifique; nous pensons qu’il ignorait 
meme la signification de ces mots. Durand était un simple, ne l’oublions 
pas. D’autres se sont contentés de le rapprocher de Raspail et de Béran 
ger, ne songeant pas que Raspail était un savant et Béranger un poète. 
Les plus sages voient dans la philosophie de Charles Durand une 
« indulgence souriante » et c’est ce qui nous semble s’approcher le plus 
de la vérité. Cependant, comme il disait souvent lui-même : « Il ne faut 
rien exagérer. » Rappelons nous ce mot admirable, le dernier qu’il ait 
prononcé sur son lit de mort ; « Je ri ai jamais méprisé personne sauf les 
collègues qui ne réussissaient pas! » Nous voilà loin de l’optimiste béat 
qu’on voudrait nous faire voir dans ce penseur, un des plus grands qui 
aient honoré l’humanité. 
Max Jacob.
	        

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.