Full text: 4(1922-1923), Déc.-Janv. = Nr. 30 (30)

MORftL PLAINE 
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La tête a son rayon qui file loin du monde. Le cœur parti 
à l’aile et faible au souvenir. S’il fait froid dans l’allée vide 
où le vent s’arrête aux branches qui déchirent — où l’aile 
immense touche en remuant la pluie — une larme au rebord 
du toit luisant, un mot qui plane. Et la lumière fixe dans 
le cadre des lignes. 
Tous ces gens qui passent le soir d’hiver dans l’allée bleue 
et grise qui traverse la nuit. 
MORNE PLAINE 
La prunelle tournée vers la campagne où joue le mon 
ticule en forme de bateau. Dans les coins, jusqu’aux bords 
terribles des murailles, le tranchant menaçant des lames se 
déploie. Le bruit qui meurt. La voix des fonds transparents 
se réveille; et ma tête qui compte tous les coups! On ne 
sait plus ce qui tient du miracle, on ne sait plus ce qui dis 
paraîtra. A l’ouest il y avait des directions de flèches, des 
nuages égarés dans le vent. Au nord des horizons mêlés en 
écheveaux de laine, le désordre affolé. Une foule dans l’air. 
Des yeux attentifs dans les branches. Un souffle enlevait 
les rideaux, une main dessinait le monde au fil de l’eau. 
De gros oiseaux applaudissaient avec leurs ailes. Le ciel 
vu dans la mer. La mer sans les étoiles. Les vagues de la 
terre dure et ses éclairs.
	        
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