Full text: 4(1922-1923), Déc.-Janv. = Nr. 30 (30)

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MAX JACOB 
de Charles. On connaît les titres des ouvrages de Julie Durand : Aglaé 
ou le Devoir Difficile, Armand ou le Jeune Précepteur. Et Charles 
avait dans sa noble cousine une digne ancêtre : quoi d’étonnant qu’il ait 
donné dès son enfance des espérances si remarquables? 
Charles savait à peu près lire à huit ans et se tint toujours à la moitié 
de sa classe au lycée. A chaque distribution des prix, il eut presque 
chaque année ceux de Bonne Tenue et de Récitation classique. Ainsi il 
montrait dès l’enfance cet amour de la Poésie que manifesta plus tard la 
composition de sa Bibliothèque. (Cf. La Bibliothèque de Ch. Durand, 
éd. Hachette, 215 pages, in-18.) Reçu bachelier non sans peine comme 
tous les grands cerveaux qui s’adaptent si mal aux nécessités trop étroites 
des examens (Ah! quand réformera-t-on le baccalauréat!!) Charles 
entreprend l’austère étude du droit : il est remarqué pour la correction 
de sa tenue par un avocat qui en fait son secrétaire. Malheureusement 
les grands génies savent mal se plier à la discipline : l’avocat se sépare 
de Charles sous prétexte qu’il ne sait pas même l’orthographe (?!) 
L’orthographe! Ah! Charles avait bien autre chose en tête! Le grand 
art lui avait été révélé par son cousin Durand Xavier, qui devait devenir 
fameux par l’exploitation des statues Dupont (Entreprise funéraire des 
monuments de square) et qui lui fournit l’idée de l’ouvrage qui devait 
illustrer sa vie « La Compilation des Compilations ». 
C’était en 18..., Charles venait d’hériter de trois mille francs de rente 
et de conquérir son grade de licencié en droit après dix années d’études 
acharnées. Quand il eut terminé ce qu’on appelait alors le volontariat ou 
service militaire d’un an, il se décida à se marier. Son choix se porta sur 
sa propre cousine, Eugénie Durand, qui, à notre époque d’excentricités 
et d’individualisme outrancier, avait au moins le rare mérite de ressem 
bler à tout le monde. Eugénie éleva ses deux enfants en les confiant aux 
admirables professeurs de nos lycées et collèges, ce qui est parfaitement 
sage, et reçut les amis de son mari dans son modeste foyer avec simpli
	        

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