Full text: 4(1922), Octobre-Novembre = Nr. 29 (29)

326 
DRIEU LA ROCHELLE 
qu’avec les autres. Notre plus grand ennemi est en nous-mêmes. Il faut 
que nous nous tournions vers la mort qui est entrée en nous. 
Mais en nous enfonçant ainsi en nous-mêmes nous atteignons un 
mal, un péril qui est plus profond que nous-mêmes, qui est humain; nous 
mettons la main sur ce qui est tragique pour tous les hommes d’aujour 
d’hui. 
Ce qui dépasse une patrie, c’est la vitalité des meilleurs des hommes 
qu’elle a mise au jour. Ils sont plus forts que les événements, et alors 
qu’elle fléchit, leur esprit étincelle encore au front de leur mère. Ils 
peuvent toujours, dans un acte surprenant, ressaisir ou résumer tout l’effort 
de leur race. 
Les jeunes Français doivent être de tels stoïques. 
A leur France, dont un excès de civilisation cause le fatal rétrécis 
sement psychologique, le tarissement de la bonne volonté créatrice, à leur 
France qu’un effet de l’optique mondiale fait petite entre les nouvelles 
nébuleuses, ils trouveront deux moyens pour lui redonner sa pleine mesure, 
pleine mesure. 
D’une part elle renonce à un éclat solitaire et s’amalgame aux 
constellations qui se brassent en Europe, qui sont des promesses 
d’ordre dans le chaos et qui lui prodiguent la force mise en commun. 
D’autre part, elle se recueille dans une méditation sévère sur le sens de 
l’effort humain, dissipe la tentation éphémère d’une prédominance par 
les armes et les outils, maintient sa tradition spirituelle, la renforce de 
toutes les tendances libératrices qui se font jour en Orient et ailleurs, enfin 
tourne sa langue dans sa bouche pour y former une parole humaine que 
les événements rendent bientôt nécessaire et décisive. 
C’est ainsi que les jeunes Français, brûlés par les fournaises de la
	        
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.