Full text: 4(1922), Octobre-Novembre = Nr. 29 (29)

LA POÉSIE 
359 
n'oublie point ce qu'il a dit une fois. Il adore les femmes, la peau des 
femmes, la peau d'un joli gris à peine rosé, la blancheur de lait avec 
l'attrait d'une petite sueur qui brille, la pâleur des brunes... «Le corps 
de la femme, c'est encore le moule le plus parfait que l'on ait trouvé 
pour y conserver la beauté. » 
Chaque lettre, chaque mot est une patère où Monsieur Henri 
Vandeputte accroche de vieux souvenirs et ses regrets nouveaux; quel 
quefois ce sont des poèmes en prose. 
Marcel SAUVAGE. 
SIGNES DES TEMPS, par Æaurice Æartin du Gard (Emile-Paul 
édit.) 
Martin du Gard, est-ce après le gant de crin, sur les marches de 
la Bourse que vous écrivez vos poèmes? Je le croirais sans peine. 
Ils ont le goût, la couleur de l'ambiance et cette poésie du “moment" 
qui n’est pas faite avec de la ressemblance, mais avec ce sens de l’actuel 
qui vous sert si bien. 
Des orchestres se racontent... 
Les secrets du corps humain, 
Et ce soir toutes se sont prises 
Les pieds et l’âme dans leurs perles. 
Vous y êtes grave aussi : le cours de la livre, les négligences de 
nos ministres vous préoccupent. Pas trop toutefois. Vous conservez 
votre ironie, comme, dans une foule, on se hausse sur la pointe des 
pieds pour mieux voir. 
O siècle, mauvais fonctionnaire, 
Les ajrant droits des rêves morts 
A tes guichets fermés s’endorment. 
Tirons toujours des traites sur nos dieux. 
Lorsque je vous rencontre d'un doigt mystérieux, vous me confiez 
une bagatelle, mais la catastrophe vous la commentez avec un sourire. 
Vos poèmes ont cette même désinvolture. Ils oscillent de droite à 
gauche, la jaquette s'y troque contre le chandail, sans que leur équi 
libre en soit jamais atteint. 
Marcel RA VAL.
	        

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.