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peut pas nier que les rag-times et les danses nègres ne soient 
pas d’un superbe dadaïsme. 
Le discrédit de boche est un anathème puéril, inexact, 
et par cela inefficace. . 
La Presse ! Ah ! oui, quel tintamarre autour de Picabia 
et des Dada ! 
La presse procure un grand divertissement aux intimes 
du cénacle, celui de collectionner les coupures ; on a même 
préposé à cet emploi un secrétaire bénévole car ce n’est pas 
une sinécure que d’écouter et de compulser ce que l’on dit. 
Ces articles et articulets forment le plus gros sottisier qu’un 
mouvement puisse motiver. Les critiques ne sont pas très 
variées du reste et après l’envoi de bochisme tourné de mille 
manières, c’est presque toujours, en conclusion, le souhait 
exprimé d’envoyer les dadaïstes à Charenton. C’est court 
comme idée. 
Louons cependant l’éclectisme de certains directeurs de 
journaux qui ouvrirent largement leurs colonnes à la polé 
mique dadaïste. M. Georges Casella facilita ainsi la tâche 
des rédacteurs de Comœdia et je gage qu’il a souvent le 
sourire en relisant certains articles quand il s’agit de Picabia, 
car, a l’encontre de tant d’autres, il connaît l’œuvre, le 
talent et la sincérité de ce peintre. 
André Salmon, à Y Europe Nouvelle, a publié d’inté 
ressants articles. Tous les grands quotidiens du matin et du 
soir ont donné des opinions et jeté des mots saugrenus, durs 
comme des coups de cailloux. 
M. Paul Souday, dans le Temps à propos du dernier 
festival, ramène à l’expression de la vérité tel besoin de har 
diesse qui caractérise les jeunes. 11 est certainement trop fin 
pour crier au scandale et trop éclairé pour jeter l’anathème.
	        
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