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wirklich sein Heil in der Flucht suchen zu wollen. Mit geschwollenem Kamm 
stolzierte Viot um sein Opfer. Er prahlte und brüstete sich mit seiner unver 
gleichlichen Kenntnis der schönen Künste. D. stöhnte: “Fünfhundert Franken 
für ein Brettchen ist viel Geld!” Viot gab nicht nach. Er liess nun das Dunkle, 
das Geheimnisvolle in sein Segel blasen. Wie zwei Zauberlaternen sprühten 
seine Augen. Immer dämonischer wurden seine Sprüche, bis schliesslich D. 
in einem Fauteuil zusammenbrach und Viot die fünfhundert Franken aus 
händigte. 
Pavillon de Breteuil 
Au pavillon de Breteuil, à Sèvres, se trouve à la température de o degré 
le mètre international en platine irridié. Ce n’est évidemment pas avec ce 
mètre étalon qu’on mesure la grandeur des génies. Pour mesurer un génie les 
marchands se servent d’un mètre approprié en caoutchouc spirituel. Il doit 
pouvoir se faire long ou court. Il doit être court pour que le marchand puisse 
dire: “Regardez ce génie, comme il est grand: il mesure cent cinquante mètres. 
Dans ma boutique, vous ne trouverez que des génies qui dépassent cent 
mètres.” Le mètre doit être long pour que le marchand puisse dire: “Re 
gardez-moi ça, ça ne mesure même pas un mètre. Ce n’est pas un génie: c’est 
un nain. Ce n’est pas un maître: c’est un millimaître.” 
La partie gluante, visqueuse et pullulante de vers entre les cuisses du 
sanglier, sautée à la résine de sapin avec quelques noyaux de cerises pour 
croquer à la bonne franquette, est le plat préféré du grand veneur. L’exquis 
corps du marchand de tableau vous rend le choix plus difficile. Quelle est 
donc la partie la plus succulente, la plus savoureuse? Les peintres préfèrent 
les pieds. A première vue on dirait voir un objet rituel de l’époque pré- 
adamique. Mais lentement ils s’animent, bougent et disent papa et maman. 
Les pieds des marchands de tableaux ont la grandeur d’une palette d’artiste. 
Entre les doigts de pied de cette palette poussent les fleurs de la philosophie 
d’art. Les pieds des marchands de tableaux sont toujours tournés vers le fond 
de leur boutique où brûle le feu sacré dans le coffre-fort incirconcis. Comme 
l’aiguille d’une boussole ils sont jour et nuit en mouvement. Ainsi les pieds 
des marchands sont souvent tournés en arrière dans un sens opposé à leur 
marche. Au temps des ides vous voyez les marchands avec une désinvolture qui 
frise parfois l’inconvenance se déshabiller et se précipiter au nom de la beauté 
tout nus dans la rue, pour danser des rondes. Il n’existe guère de marchand
	        

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