Full text: 4(1922), juin-juillet = Nr. 27 (27)

AU BORD DE L’OMBRE 
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en glissant avec aisance le parapet étroit de la colonne vertébrale des 
Champs-Elysées. 
Cette peau, à vrai dire un peu trop étroite, n'en est pas moms 
élégamment échancrée au col et elle laisse parfaitement percevoir les 
battements du cœur. 
Ici, il se peut que, manquant complètement mon but et mes moyens 
trahissant lâchement ma volonté, au lieu de faire pleurer le lecteur 
j'aille le faire rire. 
Mais je m’attends à de plus grands malheurs. 
Il descend. Et à travers les paysages de verre, les étendards mou 
vants, les carrefours qui n'ont pas d'autre heure marquée que celle 
du cadran, il va se promener pour mieux respirer l'air à l'ombre des 
allées d’acacias qui pourraient agrémenter la place de la Bourse. 
Il descend. Et par là l’œil qui, depuis la nuit où il perdit à jamais 
une heure en retournant sans méthode les aiguilles de sa montre, le 
guette et le surveille, recommence à l’épier cette fois à travers les 
feuilles. 
Lui-même se prend à observer plus attentivement celui dont le 
regard perçant vient de se river à nouveau sur ses paupières. 
Il ne s’agit réellement que d’un très jeune homme — presque un 
enfant. 
Son regard clair et franc eût à lui seul dévoilé à l'observateur 
profond et perspicace un caractère ferme et un cœur pur. Les traits 
réguliers de son visage calme n’eussent pas manqué d'avertir ce même 
observateur profond qu'aucun dessein plus noir que de coutume ne 
hantait son esprit cultivé. Tout autre enfin qu'un observateur super 
ficiel et frivole eût aussitôt deviné que ce jeune homme ne se couchait 
jamais plus tard que le principal locataire de l’immeuble de confort
	        
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