Full text: 4(1922), juin-juillet = Nr. 27 (27)

ATT BORD DE L’OMBRE 
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qui redoute les maux de tête et les névralgies intercostales au moins 
autant que les fautes de syntaxe. 
Eh bien! il arrivera un jour où cet âne se trouvera brusquement à 
l’extrême limite de la terre là où, de ses lèvres humides, elle se livre 
en toute liberté au jeu qui consiste à aspirer et ensuite refouler l’écume 
de la mer — sans qu’il y ait une intention le moins du monde mépri 
sante dans ce mouvement également naturel à l’homme de qui on ne 
peut pas toujours en dire autant. 
Mais au point où nous en sommes aucune certitude ne saurait être 
donnée quant à la fin de cet extraordinaire voyage. Goutte à goutte 
un esprit de littérature imprègne le décor. 
L'air est tout envahi de plantes barbares, sauvages, grasses, bien 
portantes entre quoi et l’herbe des chemins existent les mêmes diffé 
rences qu’entre l’un des nombreux aveugles qui entourent le Sacré-Cœuï 
comme des cierges et le propriétaire de l'énorme limousine qui passe 
en ce moment à l’intersection du boulevard des Italiens et de la rue 
Drouot. 
Il descend. Ne le prenez pas surtout pour quelque ordinaire nouveau 
riche — car c’est en vendant bien autre chose qu’il a gagné cette masse 
considérable d’argent. 
C’est au moment où les passants dressés sur la pointe du pied perce 
vaient à grand'peine les dernières grimaces des arbres sur le ciel, au 
moment où l’écorce des mains inutiles craquait dans l’obscurité sous 
l’effort des bêtes parasites — qu'est intervenue la silhouette dangereuse 
du gendarme rural. 
Il interroge l’homme si calme du début de ce conte — l’homme 
immense qui tient toute la longueur de ce conte. En dehors de tous les 
crimes commis — vols, assassinats, fraudes, banqueroutes, tricheries
	        

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