Full text: 4(1922), juin-juillet = Nr. 27 (27)

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LA MUSIQUE 
LA MUSIQUE 
A PROPOS DE "MAVRA” de Igor Strawinsky 
Décidément la “ gauche musicale " sent le moisi. C’est un fait 
certain — Æavra a confirmé ce que “ Pat'ades ” nous laissait entrevoir, 
c'est-à-dire qu’il existe une ** Critique d'avant-guerre ” mais qu'il ne 
semble pas encore s’en former une, apte à juger la musique actuelle. 
C'est dommage, car les dernières œuvres de Strawinsky comme 
celles de Satie auraient grand besoin de commentateurs compréhensifs 
pour les faire admettre et les expliquer au public. A l'époque du 
Sacre l'opinion d’un Vuillermoz faisait loi — Il n’en est plus de même 
aujourdhui, M. Vuillermoz ayant donné, à maintes reprises, depuis deux 
ans, la preuve qu’ils apportent au passé. 
Dès lors qu’importe s’il trouve que Strawinsky "manque de mélodie”. 
Ce qui est beaucoup plus grave, c'est de voir que l'élément jeune 
de la critique musicale, à l'exception de M. Roland Manuel n entend 
plus la musique de Strawinsky. C'est ainsi que M. Maurice Bex dans 
la Revues Hebdomadaires du 17 Juin déclare ne trouver dans Æavra 
que « torrent de syncopes », « désordre organisé », « bondissements 
soudains aussi agréables à entendre qu'il est plaisant de voir jouer un 
jeune chien ». 
Il est regrettable que Monsieur Bex ait si mal écouté cette parti 
tion, au contraire splendide de Logiques et de précision^. 
Tel autre trouve « l'orchestration lourde et vulgaire » comme si 
l’emploi d’un orchestre d'Harmonie n'était pas chose voulue par l’au 
teur.
	        

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