Full text: 4(1922), juin-juillet = Nr. 27 (27)

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LE THÉÂTRE 
et ce halo magique et délétère, orgiaque et sacré qui tendrement bra- 
sille aux toiles de ses génies aveugles, fous et phtisiques. Da, pravda. 
Mais telle quelle, crucifiée, minable et extatique, elle restera aussi, 
remords délicieux, le merveilleux Eden de Cendres de quelques-uns, 
l’énigme facile de tant de paresseux et le grand espoir messianique de 
Wronsky. 
Avec une sensibilité remarquable, MM. Salmon et Saunier ont 
saisi et rendu tout cela. On ignore ce que leur “amour égal de la vie 
et de l'art ” leur fera tenter par la suite comme drames de notre 
temps. Natchalo leur est un bon début — un bon commencement — dont 
il faut les remercier. L'interprétation de leur œuvre était au surplus 
assurée avec beaucoup de talent et de souci. On pourrait, énumérant 
la distribution, complimenter très exactement chacun des artistes (à 
une toute jeune, trop jeune exception près) pour le caractère qu'ils 
surent donner à leur personnage. Mme Eve Francis (ô trois fois sainte 
Daïcha) MM. Roger (O-O. Apraxine) et Carpentier (Tchérébérébine) 
furent particulièrement russes. Le soin, le détail, l’aisance avec lesquels 
ils se sont réalisés suggéreraient quelques remarques assez imprévues 
comme discipline scénique et recherches de création. Mais serait-ce 
peut-être, rien qu'à les deviner ici, trahir un peu les auteurs dont ce 
fut l’attention. A trop s'expliquer un homme se diminue, a dit quelque 
part de Régnier. Il serait regrettable, sous prétexte de louange, de 
diminuer si peu que ce fût, les auteurs de HAHAJIO. 
René-Marie Hermànt.
	        
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