Full text: 4(1922), février = Nr. 25 (25)

LA LYROSOPHIE 
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Je n’estime pleinement un mécanisme que si je puis m’y émouvoir. 
La sirène à voyelles m’enchante mieux, quand je songe au plain-chant 
grégorien. Et Mercure à son périhélie confirmant les théories d’Einstein 
quand, étendu dans l’herbe par un soir d’été, je bâille aux étoiles. Et les 
quatre temps du moteur, quand, pare-brise baissé, je respire avec gêne 
dans le vent du 80 à l’heure. 
L’homme a commencé par sentir; il a continué par comprendre. 
Il voudrait s’arrêter là. D’autres lui ont proposé alors de sentir avant de 
comprendre, ce qui est, en somme, très ordinaire. Personne ne lui a 
proposé de comprendre avant de sentir, ce qui est impossible. Je l’invite 
à développer toute son activité, à jouir en même temps de ses deux princi 
pales facultés : à sentir et à comprendre simultanément. Voilà la lyro- 
sophie. Et sur les deux mondes que vous avez travaillé à construire, 
l’un de sentiment, l’autre de raison, je construis le mien, à la fois de 
raison et de sentiment. Cette nouvelle figure de l’univers, au-dessus des 
deux autres, est la figure lyrosophique. 
D’après ce que je fais dire au lyrophose, on pourrait entendre qu’il 
nous engage à pratiquer volontairement la lyrosophie. Si la lyrosophie 
n’était que voulue, elle serait peu de chose. Il faut plutôt comprendre 
les paroles par moi prêtées au lyrosophe, comme un conseil de ne pas 
résister à la lyrosophie qui naît en nous. 
Nous sommes, comme les kabbalistes, dans les conditions de sub 
conscient requises pour être lyrosophes. Nous subissons l’effet de toute 
une série de causes qui créent en nous un état chronique plus ou moins 
accusé de fatigue intellectuelle. Cette fatigue est éminemment propre 
à émanciper le subconscient de la tutelle où le tient la raison. Le débor 
dement du subconscient sur toutes les données de la raison, que la 
fatigue favorise ainsi, est un débordement sentimental puisque le sub 
conscient est un domaine essentiellement affectif. 
Prenons un exemple, le plus simple qu’on imagine, schématique 
pour ainsi dire, afin d’avoir l’image du processus lyrosophique élémen 
taire et d’y saisir cet excès et ce débordement sentimentaux sur une notion
	        
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