Full text: 4(1922), février = Nr. 25 (25)

LÀ LYROSOPHIE 
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dont nous ne savons encore presque rien, et telle, cette esthétique générale, 
qu*elle succéderait après les excommunications d’usage, à la science 
générale, comme celle-ci succédera à la religion générale. Nous aurions 
immédiatement des choses une connaissance esthétique, c’est-à-dire la 
connaissance le moins variable, le plus proche de l’absolue impossible, 
le plus évoluée. 
Il faut se rendre compte qu*alors la science serait délogée de ses 
positions, détournée de son cours, asservie, pervertie, cassée, dirigée, 
maîtrisée, commandée, transformée. La science connaissait; l’esthétique 
connaît également et sent en plus. L’esthétique connaît donc au carré. 
Il faut se rendre compte de ce que peut être l’esthétique, science en 
état d’amour, fidèle et non plus juste, contagieuse et non plus péremp 
toire, plus rapide, plus souple, plus satisfaisante. 
Il faut se rendre compte que tous les arguments peuvent être dou 
bles : de raison et de passion. £t le cœur n'aura plus de raisons que la 
raison puisse ignorer. 
Il faut se rendre compte que l’esthétique fait ce geste d’une portée 
incalculable : elle pose la connaissance de raison dans le domaine sub 
conscient des affections, domaine aussi des analogies et des métaphores, 
c’est-à-dire domaine de l’invention et de la découverte. 
II faut se rendre compte que l’esthétique c'est la lyrosophie. 
Il faut se rendre compte. 
Jean Epstein. 
Ce fragment est extrait d’un volume portant 
ce même titre, à paraître aux Editions de La 
Sirène.
	        

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