Full text: 3(1921), décembre = No. 6 (6)

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Comme si tous les chats du monde l’eussent assailli aux 
reins, de l’errant à demi enragé au siamois bigle épanoui en 
ruses scélérates! 
Il souffrait encore de ne pouvoir révoquer cette pensée 
imbécile : « Si Poustikette me voit si pâle, elle refusera de 
parler. » 
Il s’essayait douloureusement à sourire. 
Or, assise sur son derrière, Poustikette daigna parler. 
Dominique Dalibert se cramponna au dossier du fauteuil 
Voltaire, gêné par ses manchettes de carton couvertes de notes 
et qui lui tombaient sur les doigts. 
La voix de la chatte savante — a-t-on licence d’écrire 
semblables choses? — était une sorte de ronronnement guttu 
ral, rythmé par un effort qui faisait trembler la petite gorge 
blanche, quelque chose d’à peine articulé, si bien qu’il fallait 
d’une oreille mieux que fine, dévote, capter chaque son devant 
qu’il allât s’évanouir dans un autre. Une cascade précipitée de 
bulles de sons s’absorbant en un flottant volume de résonances. 
L’hymne de la quatrième dimension. Sa poésie, sa métri 
que, sa vertu numérique, son climat et son essence même ! 
O Dalibert! les oreilles te tintent si haut! Entendras-tu 
Poustikette? 
Il l’entend, le bienheureux! le misérable!... 
— Gnonou... ahm... mon mmaîtr’... 
— Va!... Va!... Unique!... 
— Krrri...a...ôoos...i... gnn’...est... un ...oleu. 
— Kri...janowski est un voleur? 
— ...Ou...i... 
— Il m’a volé?... Lui... mon disciple chéri? 
— Tes papiers ...’ecrets... gn’a en ...irrro...ar. 
— Le tiroir du petit bureau?
	        

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