Full text: 3(1921), décembre = No. 6 (6)

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J'ouvre la plaquette de poèmes : Lampes à Jlrc, de Paul 
Morand, et ce film se déroule à mes yeux : 
L'Ambassadeur britannique revient à pied du Quai d’Orsay. 
Cet ambassadeur est formidable, inouï : il révolutionne la 
poésie. — Y a-t-il un vers moins régulier, moins ronronnant? 
Il ne rime à rien, il est orphelin, il n'a pas de frère; à peine 
une cadence rythmique (7 — 4 —• 4) et une assonance. Evi 
demment, cela manque de grandiloquence, de balancement, 
de sonorité. Cette promenade diplomatique ne se déclame pas 
en tordant de beaux bras et en bramant d’amour. Que les tam 
bours et les clairons de la Garde se taisent : « l’ambassadeur 
britannique revient à pied » Il demande le langage parlé, sans 
ithos ni pathos, l’image simple, directe, telle que le poète Paul 
Morand nous l’offre dans ses Lampes à Arc.
	        

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