Full text: 3(1921), décembre = No. 6 (6)

— 322 — 
La Tristesse de la Peinture 
Les Feuilles libres ont cru qu’il était utile pour la clarté 
des conceptions esthétiques de l’heure présente de deman 
der à quelques publicistes de vouloir bien répondre aux 
questions suivantes : 
Des critiques ont fait remarquer que notre jeune Pein 
ture s’était révélée au Salon d’Automne sous des apparences 
de tristesse et d’austérité. (1) 
Les œuvres de ce Salon — celle de la Salle II entre 
autres — sont-elles, selon vous, l’expression fidèle des ten 
dances artistiques actuelles? 
Si oui, comment expliquez-vous que la Peinture — dont 
personne ne contestera qu’elle est pour nos auteurs contem 
porains ce que l’impressionnisme musical fut pour les écri 
vains symbolistes, c’est-à-dire la force animatrice et le mo 
dèle des autres Arts — que la Peinture soit si dépourvue de 
cet humour, de ce pittoresque, de cette fantaisie, de ce cha 
toiement qui composent, semble-t-il, le visage actuel de la 
Poésie, et même celui de la Musique? (2) 
Croyez-vous que la Poésie et la Musique subiront cette 
réaction en épousant cette plasticité, cette mesure, cette 
discipline intérieure qui sont les caractéristiques de la Pein 
ture d’aujourd’hui? Le souhaitez-vous? 
Voici les opinions que nous avons reçues : 
(1) » La Salle II frappe, par sa tristesse », Claude-Roger Marx 
(Le Populaire) — « La Salle II paraît lugubre », Pierre Varenne (Bon 
soir. — « Les Jeunes sont tristes » René Chavance (La Liberté), etc. 
(2) Guillaume Apollinaire, Max Jacob, Jean Cocteau, Paul Morand. — 
Igor Stravinski], Erik Satie.
	        

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.