Full text: Numéro 12 = 1921, Mars (12)

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ÇA IRA ! 
principale du mouvement : Lodewyk 
Van Deyssel que fut créé le centre au 
tour duquel purent se grouper les jeunes 
pour entrer en campagne contre le 
dogmatisme littéraire. Van Deyssel fut 
le soutien et la force de ce mouvement 
qui depuis a dégénéré en journalistique 
suffisante (De Meester, Van Hulzen, 
Reyneke van Stuwe) ou en une espèce 
de tricotage littéraire (Querido). La 
revue “De Nieuwe Gids„ qui défendit 
les courants nouveaux de ce temps 
(l’impressionnisme, le symbolisme et le 
sensitivisme décrété par Van 
Deyssel lui-même) est maintenant l’or 
gane le plus conservatif que nous ayons 
dans le domaine littéraire. Elle est même 
distancée par “De Gulden Winckel,, et 
de “De Gids„, la revue hollandaise par 
excellence, qui doit son existence aux 
loisirs abondants de notre vénérable 
Potgieter. 
Les tentatives des jeunes qui vou 
lurent créer une littérature nouvelle dans 
l’esprit socialiste (Adema van Scheltema, 
Henriette Roland-Holst etc.) durent 
échouer pour la simple raison qu'ils ne 
s’étaient pas plus affranchis de la con 
ception sentimentale de la vie, que ceux 
qu’fis combattaient. Vaine fut aussi la 
tentative d’un évadé du “mouvement 
du “Nieuwe Gids„ le poète Albert 
Verwey (lequel exprima ouvertement 
son admiration pour Kandinsky et le 
cubisme, qui publia en 1916 les articles 
sur “Le mouvement nouveau dans la 
peinture,,, de l’auteur du présent essai, et 
qui ne cacha pas son enthousiasme dans 
ce dernier cas et cela malgré le mépris 
avec lequel ces articles furent accueillis 
presque par tous). Il tenta de rassem 
bler dans sa revue “De Beweging“ 
les jeunes forces littéraires et son 
échec fut dû tout simplement à la non- 
existence de ces jeunes talents. “Het 
Getij,,, revue créée au début de la guerre, 
ne sut non plus réaliser dans ses colonnes 
la pensée nouvelle, ni la nouvelle manière 
de voir. Ici aussi on resta fidèle aux 
recettes que les papas littéraires Willem 
Kloos et Van Deyssel avaient prescrites 
et plus d’un isolé, qui, attiré par le titre 
de la revue “Het Getij,, (La Marée) et 
qui animé de l’esprit nouveau lui confia 
son œuvre la trouva refluée dans sa 
boîte-aux-lettres. 
Ce ne fut qu’en 1917 par la création 
de la revue “De Stijl,, qui, depuis, est 
devenue un mouvement de signification 
internationale et d’influence générale, 
que fut réalisée la conception nouvelle 
de la vie et de l’art. Des causes straté 
giques aussi bien qu’économiques coll - 
borèrent à cet évènement, car subi 
tement, les personnalités les ] lus mar 
quantes de tous pays comprirent que la 
Hollande avait à remplir une mission, 
notamment d’héberger une vitalité arti 
stique internationale et ce faisant d’en 
tretenir une communauté intellectuelle. 
Ce fut dans ce but que fut créé “De 
Stijl,, et quelque méprisante que fut l'at 
titude de la Hollande envers cette ten 
tative cette revue paraissant maintenant 
régulièrement depuis quatre ans suscita 
dans tous les centres artistiques d’Eu 
rope delà sympathie et de l’approbation 
enthousiaste. Pour la première fois 
depuis l’instauration du “mouvement 
de 80„ il parut dans cet organe des ar 
ticles combattifs et cela à un moment où 
d’autres pays économiquement épuisés 
étaient forcés au silence. Elle publia 
aussi pour la première fois le manifeste
	        

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