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L’ŒUF DUR — U 
PIERRE NAVILLE 
Florence et le Dôme 
Douces collines bleues, cirque ferme et facile 
Tremblant de tant d’azur dissolu dans tant d’air, 
Quand cesser de tenir ce trésor pur et clair, 
Toits plats, rouges coupoles, dômes, campaniles, 
Immense tas vibrant de beautés inutiles?... 
O glissez dans mes yeux, lignes, précieuses poses, 
Toi, voûte consacrée, adorables remparts, 
Calme cumul, et corps vivant de mes regards ! 
Naissez 1 Je vais plonger dans vos volutes roses : 
Vous êtes ma raison et je suis votre cause 1 
Ames des artisans lasses d’un jeu pieux, 
Délicieusement vous êtes enlacées 
Aux grâces chaque fois nouvellement placées 
Des filles longuement que caressent mes yeux 
D’où coule à lentes vagues un songe curieux 1 
Toute source vous sue, toute porte, tout pore. 
Ames, ô mes silentes compagnes, accordez 
A ces pierres vos souffles, à ce tombeau fardé... 
Secouez, rompez ce Dôme qu’une effusion dore 1 
Elargissez à vous ces formes que j’adore ! 
Toute science et tout art divinement conspire 
A dresser cette joue où la lumière meurt ; 
Arc le jour, cruellement tendu, et clameur 
Dure, voici l’ombre... Doucement l’or transpire 
e sur ces flancs au moment qu’il expire
	        

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