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L’ŒUF DUR 
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fut épuisée l’inconnu tira une nouvelle liasse. Ils élevèrent 
d’un commun accord l’enjeu. David continuait à gagner. Parfois 
quand il avait gagné par un coup étonnamment heureux, 
l’homme levait les yeux sur lui et le regardait quelques secondes 
fixement. La seconde liasse de billets passa du côté de David. 
D’une voix sèche mais calme l’étranger dit : 
— Vous m’avez gagné mille livres. C’est l’équivalent de ce 
que j’ai encore sur moi. Voilà plus de trois heures que nous 
jouons. Voulez-vous en finir ?... Jouons le tout. 
David but quelques gorgées et accepta. Il jeta les dés : son 
coup joué il se sentit plein d’espoir : 
— Six et cinq, dit-il joyeusement. 
Une seule combinaison pouvait le vaincre. Son cœur battit 
violemment lorsque l’étranger prit les dés dans le creux de sa 
main avec un calme affreux. David avait perdu. L’inconnu 
regarda les dés longtemps, remit sa casquette sur ses yeux, 
ne prononça pas une parole et fixa son compagnon quelques 
minutes. 
— Je vais partir maintenant, dit David. 
L’inconnu ne répondit rien. David se leva et sortit du 
bar.
	        

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