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L’ŒUF DUR 
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Les Oiseaux du Lac Stymphale 
— Je suis venu Paule parce que j’aime parler devant vous. 
Paule, occupée à une étude, le laissait accorder un tabouret 
à son envie d’être là. 
— Moi, je peins les oiseaux du lac Stymphale. 
— Quelle drôle d’idée, j’aimerais mieux mon image. 
— Taisez-vous, Pyrame ! Vous me donnez, vous, une idée 
impossible. 
— Mais jongler avec des impossibilités, voilà toute la vie. 
Seulement je ne suis pas ici pour vous le conter ; j’ai travaillé : 
« Il y en a qui ont peur d’être couple dans la rue, quand il 
n’y a pas d’ombre. » 
— C’est beau ; je me plairais assez à être couple avec vous. 
Il se levait vers elle. 
Mais elle précisa : 
— Dans la rue, en nous promenant, et encore à une condition. 
Paule portait une tunique verte, d’un vert jade qui rappelait 
le vert de ses yeux. Les yeux de Paule troublaient Pyrame. 
Elle savait que ses yeux le troublaient. Elle le regarde. 
— Je n’ai pas les oiseaux dont j’ai besoin, ni le tueur des 
oiseaux. Trouvez-les moi. 
— Comment les voulez-vous ?... Oh ! je devine ! Des cacatoès 
avec des serres d’aigle et un adolescent peu pourvu de poils. 
Elle avait délaissé sa palette et ses pinceaux. Elle s’allongeait 
près de lui. Elle se caressa contre lui. 
— Vous devriez me poser l’adolescent. 
— Je crois que nous pourrions sortir maintenant. 
Ils montèrent dans un tramway qui les mena au Bois de 
Boulogne. Ils traversèrent des allées, puis le lac, s’attablèrent 
dans l’île, goûtaient. 
Pyrame beurrait des tartines. 
Les mains de Pyrame troublaient Paule. 
Mais Pyrame ne pouvait pas le savoir. Dieu n’aime tout de 
même pas autant que moi la symétrie. Aussi, quand Pyrame, 
au retour, donna à la Voisin qui les ramënait, au lieu de l’adresse
	        
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