33 
L’ŒUF DUR 
U 
3 
— Un atlas ouvrait pour mes pas 
Des couleurs, des mots, des appas. 
Je m’enfonçai dans ce voyage. 
J’en reviens : c’était un pays 
Où je mourais à chaque page 
Sur mes sens, éventail plié. 
J’errais dans les pages d’un Livre. 
Passivité î mais puis-je suivre 
Dans ses détours rébarbatifs. 
La foi faite à l’imprimerie 
Quand de toute ma songerie 
Je suis l’esclave et le captif? 
Alors s'accroît de forts désirs 
L’élancement d’une jeunesse; 
Neuf jaillissement de plaisirs 
Il éclate et rompt toute armure. 
La source se révèle pure 
Et sevrée des roses tendresses ! 
Nature, miroir d’apparences 1 
Nature, ô ma mère rieuse, 
Laisse-moi suivre ta cadence ! 
Laisse croître mes champs, mes herbes, 
Mes fleurs ; faucher ma folle gerbe, 
Folle î... Terreur délicieuse 1 
Pages ce jour tout envolées î 
Je vois dans les heures volées 
Au pur travail de mon esprit 
Votre noirceur qui se déploie ! 
Si je suis faible, si je ploie, 
Ah, c’est que vous m’avez tout pris.
	        

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.