Full text: Ça ira (2 = 1920, mai)

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ÇA IRA ! 
. i 
en parlent comme s’il ne s’agissait que 
d’elle. Van den Bergh van Eysinga, 
avec bien d’autres penseurs libres, a 
recherché l’esprit. Sa théologie rejette 
les dogmes sans vie des religions exis 
tantes, mais il en a saisi le sens éternel. 
Et c’est cet esprit : l’amour, l’amour 
absolu, qui forme la théologie révolu 
tionnaire. “ Men kan zeggen, dat God 
Lie(de is. En Hij is de hoogste liefde „. 
(page 62). “ Mogen wij echter wel 
getuigen van God ? Is dit woord niet 
ontlouterd, is het niet vervlochten met 
avontuurlijke begrippen ? Spreken wij 
liever van het Goddelijke, noemen wij 
het brandpunt, dat wet en norm, dat 
een en ailes is, het oneindige, eeuwige 
Zelf. „ (page 63). Et ce divin, cet infini 
et éternel, se retrouvent dans le limité 
et le temporaire qu’est l’homme. “ De 
hoogere mensch, die als creatuur ten 
spel was aan de waereld, hij is thans, in 
een nieuw leven,boven de verscheuring 
uit, hij is als wijze, als heilige, als kuns- 
tenaar vergeestelijkt, zich van z’n diepste 
Zelf bewust geworden „ (page 65). 
Nous renonçons pour le moment à 
parler du rôle que nous croyons que la 
religion occupera dans une société 
communiste. Cela nous mènerait trop 
loin. Mais nous nous réservons le droit 
d’y revenir un jour. 
Ce que van den Bergh van Eysinga 
appelle religiosité est le sentiment que 
nous avons tous d’être des moments 
fugitifs d’une réalité (werkelijkheid) éter 
nelle ; que le fait d’être moment, nous 
fait limités et imparfaits, et que la per 
fection — que nous pouvons atteindre 
en l’Idée — appartient à l’Infini, à Dieu. 
Dieu est la projection vers l’Infini de 
notre être limité, la perfection de notre 
imperfection. Et comme nous sommes 
les réalités, Dieu est l’idéalité — qui 
n’est pas, mais qui peut et doit être 
pensée dans la vérité de l’idée, dans 
l’idée de la vérité. 
* 
* * 
Toute époque se crée sa morale, son 
éthique. C’est-à-dire que la moyenne 
des nécessités sociales de la classe diri 
geante, codifiée par l’habitude, devient 
la règle. Par l’habitude ; c’est sur ce 
lent devenir que pèse l’accent. Des 
principes lentement s’édifient, de protec 
tion mutuelle, ou plutôt de convention 
mutuelle de ne pas se nuire (ouverte 
ment). L’éthique met en système (par 
après ; elle constate, mais ne crée pas) 
ce qui, à la majorité des hommes, paraît 
bon et nécessaire dans leurs rapports 
entre eux. Seuls les systèmes de morale 
qui furent la codification de règles exis 
tantes ont eu de la durée ; les autres 
qui furent théoriques, qui indiquèrent 
comment devraient être la vie et les 
relations des hommes ne se sont jamais 
réalisés, mais sont restés de beaux rêves. 
Deux exemples : la morale juive, celle 
du Pentateuque : ne tue pas, ne vole 
pas, ne convoite pas les biens ni la 
femme de ton voisin, etc., et puis cet 
ultime précepte de l’humainement pos 
sible : aime ton prochain comme toi- 
même, (Lev. 19,18) a conquis le monde. 
Car elle fut une morale à posteriori. 
Elle assembla les préceptes régnant 
dans une communauté au sens religieux 
très développé et qui s’y étaient formés 
peu à peu. Et la morale chrétienne : ne 
résiste pas aux méchants (Matt. 5, 39), 
aime tes ennemis (id. 5, 44) est une 
morale qui n’étant pas la constatation 
de principes existants, mais un désir de
	        
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