Full text: Ça ira (2 = 1920, mai)

ÇA IRA ! 
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Somme toute, malgré les lancunes que nous 
avons relevées, cet ouvrage reste intéressant, 
parce qu’il analyse à peu près toute l’école 
française moderne, qui est pour ainsi dire 
entièrement issue du Salon des Indépendants. 
C’est pourquoi, celui-ci, à l’encontre du Salon 
d’Automne, est toujours resté “ le vrai jeune 
Salon „ témoignant depuis plus de trente cinq 
années de l’extraordinaire vitalité de la jeune 
peinture française. G.M. 
* 
* * 
Charles Guérin, vingt-six reproductions 
précédées d’une étude critique par Tristan L. 
Klingsor (Nouvelle Revue Française). 
Voici probablement parmi les peintres 
nouveaux auxquels la “ Nouvelle Revue Fran 
çaise ,, consacre une série de petits volumes 
fort joliment présentés, un de ceux qui sont 
restés les plus fidèlement attachés à la tradition. 
Dans la majeure partie de son œuvre, Charles 
Guérin s’est appliqué à observer scrupuleuse 
ment la nature et à en reproduire avec loyauté 
les divers aspects. Doué d’un habile métier 
pictural, il a réalisé ainsi toute une série de 
portraits, de natures mortes et de nus, dont les 
reproductions publiées dans cette brochure 
attestent les solides qualités. Cependant, malgré 
la sûreté du dessin, l’harmonie de la composi 
tion et l’habilité de la facture, ces toiles ne sont 
pas exemptes d’une certaine sécheresse. C’est 
pourquoi nous leur préférons l’autre partie de 
l’œuvre de Guérin, où il se fait le peintre de 
l’imaginaire et dispose de gracieuses silhouettes 
surannées dans un décor de parc. Ces brillan 
tes fantaises, probablement destinées dans 
l’esprit de l’artiste à n’être qu’un jeu de peintre, 
constituent, à notre avis, son meilleur titre de 
gloire. 
Tristan Klingsor a écrit pour ce petit recueil 
une consciencieuse étude dans laquelle il 
dégage clairement les différents aspects de ce 
beau talent. G.M. 
Échos 
Le centième anniversaire de Multatuli. — La 
Néélerlande a fêté le centième anniversaire de Multa 
tuli. Des officiels, des académies, voires des “courtiers 
en café „ ont ajouté leur discours à l’hommage des 
artistes et des lettrés. Une statue lui sera dressée, et 
l’on a dit sa gloire, car il est mort. On ne parla pas 
de l’œuvre ; cette œuvre, Max Havelaar, Ideën, fut 
un exemple de probité morale et de courageuse 
vérité : elle fut un acte de justice et l’expression d’un 
esprit indépendant. On insista sur la vie difficile de 
l’écrivain, on contera mille anecdotes, et les peuplades 
Javanaises — tous les esclaves — dont Multatuli fut 
le génial défenseur, sombrèrent dans la fournée 
d’éloges.... Nous admirons Multatuli ; s’il fut contra 
dictoire, s’il fut une âme aigrie par le mal, et s’il ne 
découvrit la paix définitive que dans la mort, il fut 
surtout un homme sincère. N’eut-il eu jamais son 
style, n’eut-il jamais écrit les belles pages que nous 
lui devons, son labeur demeurerait un acte social 
dont l’avenir pariera avec joie et respect. W.K. 
* * * 
Manifestation Georges Eekhoud. — Au théâtre 
lyrique de Schaerbeek, a eu lieu une imposante mani 
festation en l’honneur du maître Georges Eekhoud. 
Nous n’ajouterons rien aux discours prononcés, à 
cette occasion, par Pierre Broodcoorens, Herman 
van Puymbroek et d’autres ; ils ont dit assez l’admi 
ration que la jeunesse littéraire a pour l’auteur de la 
Nouvelle Carthage. Nous félicitons G. Eekhoud, et 
l’estimons pour son grand cœur et son esprit. Nous 
biâmons ceux qui lui en ont Voulu d’être l’ami des 
pauvres, et un indépendant. W.K. 
Revue des Revues 
Lumière (Anvers) n os 8 et 9. — Une page de Roger 
Avermaete sur la question flamande. Contes de notre 
ami René Vaes, qui a un joli talent et un esprit curieux. 
Vers de Bob Claessens et Louis de Gonzague Frick. 
Georges Pioch et Charles Plisnier émettent quelques 
idées sur le théâtre. Renée Duman y continue ses 
adroits ex-votos et brise une lance en faveur de 
Monsieur Caillaux. Quelques considérations de Théo 
van Doesburg sur l’architecture d’aujourd’hui. 
“ Lumière „ a de la bonne volonté, et cela est un titre.
	        

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