Full text: Ça ira (6 = 1920, septembre)

ÇA IRA ! 
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* «Qfmwwn si 
Consultez les grands cœurs. Appeliez en aux 
hommes de vie noble. Il y a Dieu. Sans doute, 
peut-on se bien conduire en suivant un code 
de morale consacré par les siècles ; on ne 
pourra, cependant, nier jamais que ce code 
découle des théories prêchées par le Christ. 
Demandez le à Verbruggen, qui a subi une 
épreuve longue et terrible, où il a connu, tour 
à tour, le doute, la révolte, la chute ; ou il a 
presque frôlé la Mort si tragique qnand elle 
n’est, qu’une immonde pourriture. 
Je ne vous présente pas un converti. 
Je vous présente un artiste. 
Lisez son œuvre attentivement. Il fuit les 
formes tout à fait creuses de la rhétorique. Il 
expose une période de sa vie. Les poèmes sont 
nés de sa vie. Il note ses angoisses, son bonheur. 
A ironiser, à s’exprimer avec élégance, on n’est 
pas intéressant, La vérité seule est intéressante. 
Là réside la difficulté. 
On est mauvais ou bon. On ne saurait être 
bon ou mauvais à la fois. Je crois que Ver 
bruggen est bon. S’il a des défauts, il les corrige, 
il lutte sans cesse, il soutient ses frères dans 
cette lutte morale qui le fortifie. Faisant fi des 
principes d’intérêt d’aisance, de fortune, il se 
voue d’abord à sa famille qui est sa joie, ensuite 
à l’humanité qui est une famille plus grande. 
Il a vaincu le mal. 
Delà, des formules que d’aucuns nommeront 
romantiques, d’autres préjugés. Respect de la 
femme, respect de l’amour, respect de soi- 
même. 
Notre poète n’appartient pas à ceux qui 
réduisent 'amour à un besoin physique. Il est 
amoureusement candide. Il voit les femmes 
sans tentation. Il magnifie la virginité. 
...Et puis 
une fillette passe, 
comme une fleur tombée à vos pieds. 
Elle est très jeune ; ses cheveux • 
encore pendants, 
sont noués par un nœud blanc 
qui tremble, dans un peu de soleil printanier, 
comme une fleurette. 
Elle paraît fort honnête; un jour, 
et de très loin, elle a vu surgir un homme 
dans son rêve. 
Au matin, elle se regarde 
à peine dans un miroir, 
Elle est si jeune, a les cheveux pendants, 
et parfois, assise, devant vous dans le tram 
lit un livre... 
Il célèbre le sacrifice. Il n’a pas d’appétits 
malsains. Il ne craint ni le jour ni la nuit. Il a 
confiance en lui ; la souffrance ne l’abat pas. 
Maintenant que mes jours sont assombris par la 
[maladie, 
— ô vie, jeune femme qui lorgne derrière la grille 
[de ma souffrance — 
ma voix éclatera-t-elle de rage, 
ou s’éteindra-t-elle en pleurs ? 
A celui qui trinqua, un jour, avec les morts, 
et qui va s’élever vers la lumière régénérante, 
la lumière referme rapidement les yeux. 
Mais la vie porte, resplendissant, au travers de la 
[mort. 
celui qui, sans cesse, a miré son cœur dans le 
[cœur de Dieu, 
qui n’est figé par aucune douleur, que le sort ne 
[ meurtrit pas 
Grâce à cette sérénité, il peut s’écrier : 
être joyeux ; laissons nous être joyeux 
laissons nous grandir dans le cœur de Dieu. 
Il y a encore des poètes, 
* * 
* * 
Wies Moens nous semble soigner trop 
attentivement la forme, au détriment de 
l’œuvre. Il ne faut pas s’exprimer comme un 
charretier, mais il faut éviter les phrases 
creuses dont nous avons, coutume — moi, 
comme les autres -— d’alourdir nos poèmes. 
Moens dont nous sentons le cœur battre 
d’un immente amour du prochain et du bien, 
a produit, dans sa Boodschap, une déclaration 
morale remarquable. 
Sous couleur de modernisme, et sous l’excuse 
d’un cubisme intégral, de nombreux confrères
	        

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