Full text: Ça ira (18 = 1922, mai)

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plan et la ligne droite comme maximum de force expressive dans le 
domaine de la plastique: 
Leprocédéfutlongtemps d’ordre destructif-constructif. (2) Le modèle 
fut soumis à une discipline, disloqué et subordonné à la construction 
picturale. Réduit à une pure combinaison de proportions, le tableau 
devint une unité de contrastes. Une composition est la résultante 
d’une série de représentations pr. gressivement dérivées. Ce procédé 
différant essentiellement du cubisme, visait à obtenir d’une façon 
voulue et consciente du but à atteindre une harmonie esthétique 
(affranchie de tout naturalisme) et à cette fin il érigeait les notions 
nombre, mesure et proportion en principes fondamentaux purs de la 
construction picturale. L’émotion esthétique fut soumise à une disci 
pline, l’art devint une intuition organisée ; les architectes, eux non 
plus, ne se contentèrent pas plus longtemps d’une architecture de 
hasard : toute l'ornementation, toute la séduction de façade fut sacri 
fiée à la construction, à la structure logique, au souci d’équilibre dans 
l’aménagement. Tous les artistes hollandais de tendance radicale 
visaient, chacun dans sa sphère, à purger l’art de toutes les tares 
traditionnelles (d’ordre anecdotique, symbolique, religieux), à élever 
4a technique de chaque art en particulier à la hauteur d’un organe 
d’expression de la beauté universelle. C’est ainsi que peintres, 
sculpteurs et architectes élirent respectivement comme moyen d’ex 
pression la couleur pure, le volume et l’espace. 
Le résultat de ce qui précède fut qu'il se manifesta chez ces radicaux 
de l'esthétique un véritable mépris à l'égard de tout ce qui s’oppose 
à une expression plastique pure. Aucune expression d'art, ni le 
cubisme (dont leur oeuvre est la conséquence la plus directe) ni 
l’expressionisme ne parvinrent à les satisfaire. La fondation de 
“De Stijl,, en 1917 par l’un d’eux fut décisive. Elle signifiait la 
manifestation du désir collectif, elle signifiait la marche délibérée vers 
une nouvelle plastique, au sein de laquelle tous les arts particuliers se 
fondraient en une seule unité monumentale. Architectes, peintres, 
sculpteurs, tous formulaient le nouveau point de vue. Il s’en suivit 
une collaboration entre architectes, peintres et industriels d’art. 
Cependant même là où les possibilités se sont d'ores et déjà présen 
tées, comme à Rotterdam, Amsterdam et La Haye, de bâtir des 
(2) c’à d. destruction de la nature visuelle, construction du tableau. Dans 
le prochain article je veux parler plus en détails de l’unité des éléments 
polaires. L’élévation de tous les éléments polaires est l’accent le plus im 
portant de l’esprit et de l’art nouveau.
	        

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