— 4 — 
les ordures, ce qui ne réfléchit pas comme l’enfant, la désolation, 
ce mancenillier intellectuel, les chancres parfumés, les cuisses 
aux camélias, la culpabilité d’un écrivain qui roule sur la pente 
du néant et se méprise lui-même avec des cris joyeux, les remords, 
les hypocrisies, les perspectives vagues qui vous broient dans 
leurs engrenages imperceptibles, les crachais sérieux sur les 
axiomes sacrés, la vermine et ses chatouillements insinuants, 
les préfaces insensées comme celles de Cromwell, de M lle de 
Maupin et de Dumas fds, les caducités, les impuissances, les 
blasphèmes, les asphyxies, les étouffements, les rages, —- devant 
ces charniers immondes, que je rougis de nommer, il est temps 
de réagir enfin contre ce qui nous choque et nous courbe souve 
rainement. 
Votre espril est entraîné perpétuellement hors de ses gonds, 
et surpris dans le piège de ténèbres construit avec un art grossier 
par l’égoïsme et l’amour-propre. 
Le goût est la qualité fondamentale qui résume toutes les autres 
qualités. C’est le nec plus ultra de l’intelligence. Ce n’est que 
par lui seul que le génie est la santé suprême et l’équilibre de 
toutes les facultés. Villemain est trente-quatre fois plus intelli 
gent qu’Eugène Sue et Frédéric Soulié. Sa préface du Diction 
naire de l’Académie verra la mort des romans de Waller Scoll, 
de Fenimore Cooper, de tous les romans possibles et imagi 
nables. Le roman est un genre faux, parce qu’il décrit les pas 
sions pour elles-mêmes : la conclusion morale est absente. 
Décrire les passions n’est rien ; il suffit de naître un peu chacal, 
un peu vautour, un peu panthère. Nous n’y tenons pas. Les 
décrire, pour les soumettre à une haute moralité, comme Cor 
neille, est autre chose. Celui qui s’abstiendra de faire la pre 
mière chose, tout en restant capable d’admirer et de comprendre 
ceux à qui il est donné de faire la deuxième, surpasse, de 
toute la supériorité des vertus sur les vices, celui qui fait la 
première. 
Par cela seul qu’un professeur de seconde se dit : « Quand 
on me donnerait tous les trésors de l’univers, je ne voudrais 
pas avoir fait des romans pareils à ceux de Balzac et d’Alexandre 
Dumas, » par cela seul, il est plus intelligent qu Alexandre Du 
mas et Balzac. Par cela seul qu’un élève de troisième s’est pénétré 
qu’il ne faut pas chanter les difformités physiques et intellec 
tuelles, par cela seul, il est plus fort, plus capable, plus intelli-
	        

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.