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Hourra ! que la grosse caisse crève, tant pis si les cym 
bales attrapent des ecchymoses. Gloire à la Coterie qui 
garde la Boule et sifflons avec la puissance de la vapeur 
ceux qui l’ont perdue. 
Un Poète qui était en train de composer dans l’usine 
voisine sur la machine à écrire de sa petite amie une chro 
nique sur la musique esquimaude entre et d’un seul coup 
de revolver tue Jules, Léon et Ernest. 
Il se fait servir un bock et 
Il entonne la 
« LOUANGE DES OTARIES » 
O sirènes, 
O belles de nuit, 
lueurs incarcérées dans l’obscur, 
noires favorites de mon harem froid, 
O nuques grasses, caresses en spirales, 
O bonnes esclaves, 
Grosses négresses atrophiées, sultanes par trop recluses, 
arrière-train pétrifié dans un divan d’anthracite, 
Votre tête fauve s’élance pour se délier des ondes 
onctueuses de votre chair, lions de mer. 
La flaque d’encre tient captif sous ses moires un gros cygne 
sombre. 
Vous êtes huileuses de bonne volonté. Vos yeux s’alarment 
parce que votre moustache a l’air méchant. 
La métempsychose fourvoya dans ce lamentable bétail 
les âmes de poissons morts d’amour. 
Il y a en vous la tendresse compressible de l’accordéon 
Et vous êtes échouées devant l’homme comme un piano 
à queue qui baille de toutes scs ivoires et qui attend 
l’ébranlement en lui des délices. 
PIERRE DRIEU LA ROCHELLE.
	        
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