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VIE DE JOHN MILLINQTON SYNQE 
A M. Maurice Bourgeois. 
Les oiseaux s’échappent des arbres, le vent tourne : 
de tous les côtés à la fois on entend la mer. Les nuages 
passent sur les villes et délivrent les fumées. 
Swift se penche, regarde Sir William Temple s’éloi 
gner et sourit. 
Sur la grande place les vieillards parlent aux émigrants 
assemblés. Les hommes sont pâles. Il va pleuvoir : un 
émigrant part d’un grand éclat de rire. C’est un trap 
peur. On le nomme Jacques Vaché. 
Quelqu’un marche le fusil en bandoulière. Le chien 
écoute puisque son maître parle; le chasseur épaule : un 
oiseau tombe. Le soleil écrase l’herbe. John Millinglon 
Synge s’asseoit sur un rocher et compte les plumes du 
mort. 
L’Irlande : 
« Quiconque a réellement vécu dans l’intimité des 
}>aysans irlandais reconnaîtra que les paroles et les idées 
les plus folles de cette pièce (le Baladin du Monde Occi 
dental) sont à vrai dire bien ternes en comparaison des 
extravagances que l’on peut entendre dans n’importe 
quelle petite cabane des collines de Geesala, Carraroe 
ou de la baie de Dingle (1) ». 
* * 
A quelques milles de Dublin, à Newtown Little, le 
16 avril 1871, naissait Edmund John Millington Synge. 
Un an plus tard son père mourait. 
Les frères jouaient et John partait dans les montagnes. 
Il pensait aux collections immenses ; le soir venu il guet 
tait les papillons de nuit. Il n’y a plus personne à la mai 
son : quand on est seul on peut parler tout haut et jouer 
du piano ou du violon. Au Trinity Collège, John Milling 
ton entendait aussi les bruits des ports : un nuage quel 
quefois est un continent. 
(1) Préface du Monde Occidental.
	        
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