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LES SPECTACLES 
Papm contre Ferrey. — 20 rounds. 
C’est une forêt. 
Le froid coule des lampes : on a refusé du monde. On 
attend. Le pneu Michelin boil hobstacle. On suit la fumée 
des yeux : les lampes à arc. 
Un cri flotte comme un drapeau ; tout est fini main 
tenant, les heures sont les minutes. Il n’y a plus que les 
odeurs qui comptent : odeur de sueur et de tabac mouillé. 
Très loin, à l’horizon, des coups de poing jaillissent et 
des hommes dansent et dansent. 
Des cris passent. Byrrh, Byrrh. Des chiffres passent. 
Toujours et jamais. Il ne faut plus regarder au hasard. 
Un parfum bon marché nous guette à la sortie. 11 esl 
midi ou minuit. C’est un coup de revolver que l’on vient 
d’entendre. 
Les Mamelles de Tirésias (Acte I). — Guillaume 
Apollinaire. — Théâtre National de l’Odéon. 
Les portes claquent ; le rideau se lève : 1930 ou 1880, 
à Paris ou à Zanzibar, c’est-à-dire partout. 
On ne peut se souvenir des pièces que l’on voyait aux 
Champs-Elysées ou au théâtre du Châtelet, mais on ne 
peut oublier ces rires qui nous secouaient, il y a vingt ans 
et hier encore, à la représentation des Mamelles de Tiré 
sias. 
Nous nous moquons de tout : là-bas, dans la rue que 
nous venons de quitter, on pensait, on écoutait. Ici l’on 
n’entend plus rien : on rit de si bon cœur. Quelquefois 
on aperçoit le sourire inoubliable de Guillaume Apolli 
naire. 
P. S.
	        

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