Full text: Les feuilles libres (4(1922), avril-mai = No. 26)

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sons des atomes ne sont pas arbitraires, l’homme, confondu par cette con 
fusion des temps, introduisit l’horrible erreur d’un élément incalculable, 
l’éternité. Qu’est-ce ? Ou bien une durée qui durerait toujours, mais durer 
toujours ce n’est plus durer ; ou bien un temps illimité qui ne dure pas, 
mais un temps qui ne dure pas, n’est plus un temps. Aussi inimaginable 
que la quadrature du cercle, l’éternité n’est rien qu’un mot, et pas même 
une notion, à quoi on voudrait trouver un sens. Enfin il y a encore, 
absurdité plus grande de supposer à cette éternité un commencement, la 
perpétuité. Et dresser la liste des institutions humaines, telles l’amour par 
exemple, rendues absurdes par un infini de temps appliqué imaginaire- 
ment à elles, serait une belle étude à faire. 
Jean Epstein. 
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