Full text: Les feuilles libres (4(1922), avril-mai = No. 26)

MOGANNI N A ME H 
123 
hauteur de ses yeux, tremblait un peu sur sa tige, de çà, de là, puis 
s’effeuillait, douloureusement, comme fuse une flambèche, de quatre 
frissons. Il s’épongeait, reprenait pied, sortait, abasourdi. 
Il pleuvait toujours. Dans les rues désertes de tristes femmes 
rôdaient, comme des chats maigres. Les cloches ne sonnaient plus ; mais, 
dans l’ombre, les dômes d’or des églises vibraient de reflets insolites, 
résonnaient en sourdine. 
Il marchait toujours, suivait des rues interminables, arrivait vers le 
matin, harassé, chez soi. 
Triste et le cœur las, il s’étendait, gémissant, sur sa couche. 
Son lit tanguait légèrement. Lui-même s’allongeait, se rétrécissait, 
comme un élastique que l’on chicane d’un doigt fiévreux et il subissait, 
pleutré, les agaces du vertige. 
(A. suivre) Biaise CENDRARS. 
mmm
	        

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.